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Article la depeche 16/12/04


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Dalmat : rendez-vous le 29 décembre

Stéphane Dalmat ne reviendra pas à Toulouse avant la trêve des confiseurs. Il goûte, depuis une quinzaine de jours, aux joies de la rééducation, au CERS de Capbreton. «Comme je suis occupé du matin au soir, les journées me paraîssent moins longues. D'autant que je me retrouve avec des sportifs dans le même cas et qu'on s'entraide. C'est quand même bien d'être pris en charge», confie-t-il.

Le joueur prêté par l'Inter Milan s'est blessé début octobre à Langon, lors d'une rencontre amicale contre Nantes. Une fracture du 5e métatarse. «Une fracture de Jones, compliquée», précise le docteur Bichon, le médecin du Tef. «C'est à dire un arrachement de la base du pied, d'où partent les tendons. Ce n'est pas une fracture banale et il nous faut être très vigilant sur les délais de consolidation». Le médecin n'a pris et ne prendra aucun risque. Il était à Langon et c'est lui qui a ramené le joueur vers la clinique. Un voyage en silence. Lourd, pesant. Car Stéphane Dalmat n'avait jamais été blessé dans sa (jeune) carrière. «Il y a pire», dit-il. Mais il en a eu (très) gros sur la patate: «J'ai eu mal de suite. Sous la douche, je ne pouvais pas poser le pied. J'ai senti que c'était cassé. Pendant tout le trajet, ça me lançait. Rien qu'à la tête du doc, j'ai compris. Je lui ai demandé le temps, et quand il m'a dit trois mois, ça m'a tué!».

Pendant les quarante-cinq premiers jours de son indisponibilité, Dalmat n'a pas fait grand chose. «J'ai beaucoup dormi, regardé la télé ou des vidéos, écouté de la musique. C'était difficile, avec ce plâtre, ces béquilles. Dans ces cas-là, la famille, les amis, c'est important». Une activité réduite, très réduite, trop. «Dès que j'ai dû me lever le matin, pour les soins, l'électrostimulation, ça allait mieux».

Pendant longtemps, il n'a voulu voir personne, il n'a parlé à personne, il a coupé le téléphone. Un jour enfin, trois semaines après, il est revenu à l'entraînement, pour des pansements. «Voir mes coéquipiers, ça fait plaisir. Mais les voir courir, s'entraîner, jouer, c'est dur. On se demande pourquoi eux... On ne sert plus à rien, on n'a plus l'impression de faire le même métier».

PROBLÈME DE CICATRISATION

Une parenthèse dans l'existence, qu'il balaie d'un «le plus dur est passé». Il en oublie même qu'il a dû revenir en clinique, peu avant son départ dans les Landes. «La cicatrisation a été retardée», explique le médecin. «C'est fréquent sur ce type d'intervention. Mais c'est presqu'une chance, car nous étions tentés d'aller plus vite...».

Le temps de résoudre ce petit problème qui le faisait boîter alors que «l'os est bien ressoudé, je marche plus tôt que prévu et je me sens capable de trottiner», dixit le joueur, et celui-ci est entré dans la deuxième phase de son retour à la normale.

«A Capbreton, il va reprendre ses appuis. Dès que je le récupère, à la trêve, je m'occuperai de lui tous les matins, je vais lui mettre son compte sur le plan physique. Car nous avons fait un pari, celui de le remettre à jour, clés en mains, au premier entraînement d'après la trêve, le 29 décembre», sourit le docteur Bichon.

«Les dix jours de vacances, je les passerai ici, à travailler le matin avec le médecin. Il est persuadé que je vais reprendre après la trêve», confirme le joueur. Prudent dans son estimation. «Il s'est pris un mur dans la gu... au moment même où il était bien revenu, où il avait franchi un niveau», reprend le médecin.

Entre l'homme de science et l'homme de l'art, une complicité inattendue. Un joli pari, aussi. Celui de rattraper le temps perdu.

Patrick Boudreault

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