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Article issu du journal Le Monde

Des supporteurs, pas des hooligans

Au Portugal, 50 000 "fans" de l'Angleterre sont attendus. Les autorités

britanniques ont tout fait pour tenter de changer leur image.

Londres de notre correspondant

Tout est prêt, que la fête commence... A Londres, à l'heure où s'ouvre

l'Euro 2004, les autorités ont tout fait pour empêcher les hooligans de

déferler sur le continent. Hantée par les incidents de la précédente

édition de la compétition, les 16 et 17 juin 2000 à Charleroi et à

Bruxelles, la police s'est donné des moyens draconiens pour contrer ce

fléau.

Tout d'abord, 2 700 fauteurs de troubles, dûment répertoriés pour

hooliganisme en Grande-Bretagne ou à l'étranger, sont interdits de

déplacement hors des frontières. A titre de comparaison, lors de l'Euro

2000, en Belgique et aux Pays-Bas, une centaine d'indivi-dus fichés

avaient été empêchés de sortir du pays.

La surveillance des ports et aéroports a été renforcée pour filtrer les

départs. Des experts dans l'identification de fauteurs de troubles

potentiels ont été envoyés sur place pour prêter main forte à leurs

homologues portugais. Afin de faciliter le contrôle des spectateurs, les

détenteurs de billets devront arriver au stade trois heures avant le

coup d'envoi.

Le ministère britannique de l'intérieur a également demandé au pays hôte

de limiter la vente d'alcool. Bière, soleil et débauches diverses avec

troubles sur la voie publique : on retrouve, en effet, les mêmes

ingrédients dans le football que l'été sur les plages espagnoles, en

particulier à Ibiza, notent les observateurs. Au Portugal, la bière est,

de surcroît, moins chère que la pinte de lager britannique.

La Football Association, la Fédération anglaise de football, estime à 50

000 le nombre d'Anglais qui seront sur place pour soutenir David Beckham

et ses coéquipiers. "Si le phénomène hooligans est en perte de vitesse

dans les clubs, il est toujours là, dans le sillage de l'équipe

nationale, indique John Williams, sociologue du foot à l'université de

Leicester. A l'inverse des années 1980, le problème n'est plus limité à

un petit groupe de supporteurs violents mais concerne un public plus

large. Sous l'influence de l'alcool ou par effet de groupe poussant à

imiter son entourage, des supporteurs pacifiques peuvent facilement se

transformer en casseurs. Seulement quinze des quatre cents hooligans

renvoyés en Angleterre en 2000 étaient connus des services de police."

John Williams, chargé par le ministère de l'intérieur d'une enquête sur

le comportement des supporteurs au cours de cette compétition, avait

partagé la vie des supporteurs anglais pendant la Coupe du monde 1982,

en Espagne, et en avait tiré un best-seller Hooligans Abroad.

Le sélectionneur de l'Angleterre, le Suédois Sven-Göran Eriksson, a

lancé un appel demandant aux supporteurs de se comporter correctement.

Grâce au soutien financier de la caisse hypothécaire Nationwide, une

association de fans, la Football Supporter's Association, a affrété une

camionnette qui servira de bureau d'information mobile au Portugal.

Par ailleurs, le Foreign Office a multiplié les initiatives pour

"défaire définitivement le foot anglais de son image négative à

l'étranger". Sa branche culturelle, le British Council, va organiser

différentes manifestations - cours de langue, rencontre avec des

supporteurs étrangers, participation à des activités caritatives - à

Lisbonne, Porto et Coimbra.

"L'évolution sociologique observée chez les supporteurs de l'équipe

d'Angleterre incite toutefois à l'optimisme, insiste John Williams. On

trouve de plus en plus de femmes, d'hommes d'affaires, voire de membres

des minorités raciales, et moins d'individus peu scolarisés, ouvriers et

employés non qualifiés. Le public anglais qui assiste aux matches de

championnat est devenu moins populaire, et c'est également le cas de

ceux qui suivent l'équipe nationale."

A écouter le sociologue, la preuve de cette évolution des mentalités est

le remplacement progressif par les supporteurs anglais de l'Union Jack,

associé à l'extrême droite, par la bannière rouge et blanc de

Saint-Georges. Le symbole du bien...

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